Esteban Ocon estime que son regain de compétitivité à Zandvoort confirme un problème qu’il dénonce depuis plusieurs mois chez Haas : les deux VF-26 ne se comportent pas toujours de la même manière, y compris lorsqu’elles disposent de pièces théoriquement identiques. Une situation qui complique notamment la comparaison avec Oliver Bearman, alors que l’avenir du Français au sein de l’écurie reste incertain.
À Zandvoort, Esteban Ocon a retrouvé une Haas plus prévisible et, surtout, un niveau de confiance qui lui avait souvent fait défaut cette saison. Qualifié 15e, le Français a largement devancé Oliver Bearman, éliminé en Q1, alors que son équipier a connu une séance beaucoup plus compliquée. Pour Ocon, cette inversion de tendance apporte surtout un nouvel élément à une équation qui reste difficile à résoudre chez Haas : la différence de comportement entre les deux voitures.
Depuis plusieurs mois, Ocon insiste en effet sur l’existence d’un problème de régularité qui rend les performances des deux VF-26 difficiles à comparer. Selon lui, les écarts observés entre les deux voitures ne peuvent pas toujours être expliqués par le niveau des pilotes ou leurs réglages.
“Ayao, Ollie et moi en avons beaucoup parlé, et il a été difficile de déterminer exactement d’où cela venait à chaque fois, parce que nous pouvions mettre les mêmes pièces sur la voiture et, soudainement, avoir une voiture qui fonctionnait et une autre qui ne fonctionnait pas,” a-t-il expliqué.
Cette situation aurait notamment été visible lors des Grands Prix de Belgique et de Hongrie, où Bearman avait affiché un niveau de performance relatif différent de celui observé sur d’autres épreuves.
“Cela ne correspond donc pas toujours et cela n’a pas nécessairement de sens,” a poursuivi Ocon.
Le Français considère ainsi que Haas doit encore comprendre l’origine de ces différences avant de pouvoir réellement tirer des conclusions sur le niveau de ses deux pilotes.
“Il y a très clairement un problème de régularité que nous n’avons pas réussi à résoudre, et nous travaillons toujours ensemble pour identifier les problèmes.”
À Zandvoort, les rôles se sont inversés
Le week-end néerlandais a justement fourni une nouvelle illustration de ce phénomène. Alors qu’Oliver Bearman avait souvent pris l’ascendant sur Ocon au cours des dernières courses, c’est cette fois le Français qui s’est montré nettement plus performant.
Ocon a expliqué qu’il avait enfin retrouvé une voiture dont le comportement était suffisamment cohérent pour lui permettre d’exploiter son potentiel.
“La voiture était vraiment optimisée par rapport à ce que nous avions auparavant,” a-t-il déclaré.
Cette amélioration n’a toutefois pas suffi à placer Haas au contact du groupe devant elle. Ocon estime même avoir réalisé une séance de qualifications proche de son potentiel maximal.
“Ce n’était clairement pas suffisant pour se battre avec les voitures devant : nous étions à trois dixièmes de Colapinto, et j’ai fait un très bon tour. J’en étais satisfait.”
Mais au-delà de sa propre performance, c’est surtout la comparaison avec Bearman qui a retenu son attention. Le phénomène observé lors des courses précédentes s’est reproduit, mais cette fois dans l’autre sens.
“Nous ne comprenons pas pourquoi et nous constatons encore des différences avec Ollie. Ce week-end, nous voyons des différences qui ne sont pas les mêmes qu’en Hongrie.”
“On joue à pile ou face”
Pour Ocon, le problème devient particulièrement frustrant puisqu’il se répète de course en course sans qu’une explication claire puisse être identifiée.
“On dirait qu’à chaque fois que nous mettons une voiture en piste, nous jouons à pile ou face : une voiture va fonctionner, mais pas l’autre.”
Le Français estime d’ailleurs que la sensation retrouvée à Zandvoort est suffisamment rare cette saison pour être soulignée. Quelques circuits seulement lui avaient jusque-là offert un niveau de confiance comparable.
“Peut-être à Silverstone, à Suzuka, mais c’est tout.”
“Retrouver ce sentiment au volant constitue donc une satisfaction, c’est vraiment formidable. Mais peut-être qu’à Monza il n’y aura plus rien de tout ça.”
L’avenir d’Ocon toujours sous surveillance
Cette situation intervient alors que l’avenir d’Esteban Ocon chez Haas pour 2027 fait l’objet de nombreuses interrogations. Le Français est menacé par plusieurs candidats potentiels à son baquet, notamment Leonardo Fornaroli, Rafael Câmara, Jack Doohan et Yuki Tsunoda.
Dans ce contexte, chaque week-end prend une importance particulière pour Ocon, qui doit démontrer sa valeur tout en évoluant avec une monoplace dont il estime que le comportement n’est pas toujours suffisamment constant.
Ayao Komatsu, le directeur de Haas, n’a toutefois pas cherché à accabler son pilote lorsqu’il a été interrogé sur les rumeurs concernant son avenir. Le Japonais a au contraire rappelé ce dont Ocon était capable lorsque les conditions étaient réunies.
“Esteban, lorsqu’il est satisfait de la voiture, vous savez ce dont il est capable,” a souligné Komatsu.
“Nous devons donc vraiment nous concentrer sur le fait de leur fournir la meilleure voiture possible, la meilleure adaptation des réglages possible, et d’en tirer le meilleur.”

